Résumé:
Les glissements de terrain représentent une menace croissante dans les zones montagneuses
d’Algérie, notamment à Aïn El Hammam, où l’instabilité du sol a causé d'importants dégâts. Si
de nombreuses études ont exploré les causes géologiques et hydrologiques de ces phénomènes,
peu se sont intéressées à l'impact direct sur les fondations des structures. Ce travail vise à
analyser, par une approche numérique, les effets de l’instabilité des sols sur les fondations dans
des zones à risque élevé.
L'objectif principal est d'évaluer la limite de comportement des structures en conditions
instables. Des simulations numériques ont été réalisées avec le logiciel PLAXIS 2D, en
modélisant deux cas : un bâtiment de type R+4 avec sous-sol implanté sur une pente instable
(profil AA’) et une semelle isolée soumise à une charge constante (profil BB’).
Les résultats montrent qu’une remontée du niveau phréatique de –13 m à –8 m augmente de 6,6
% les efforts internes dans les fondations, accélérant les mécanismes de rupture. La pente du
terrain influence également la forme des ruptures : à 25°, elles sont brutales et concentrées,
tandis qu’à 40° et 60°, elles deviennent plus diffuses. L’augmentation de la surcharge verticale
liée à la hauteur du bâtiment accentue les efforts sur le sol. Enfin, l’introduction d’un
écoulement d’eau modifie la répartition des contraintes, réduisant les efforts tranchants de 12
% et augmentant les efforts normaux de 11,77 %.
Le sol est modélisé comme élastoplastique selon la loi de Mohr-Coulomb, et l’interaction
sol/structure est rigide. Cette étude souligne la nécessité de considérer ces facteurs pour mieux
anticiper les ruptures et adapter les conceptions structurelles.