Abstract:
Ce mémoire se consacre à l’analyse de la représentation de la relation mère-fils dans Ma mère du Nord. À travers une approche croisée : sémiotique, narratologique et stylistique, l’étude met en évidence la manière dont l’auteur construit, par une écriture fragmentée et pudique, une figure maternelle à la fois discrète et essentielle. Loin des canons du récit autobiographique linéaire, le texte se déploie en une mosaïque de souvenirs, de silences et de fragments affectifs où l’émotion se dit
souvent en creux. Le roman apparaît ainsi comme un lieu de mémoire, un espace littéraire de
survivance où la douleur du deuil se transforme en geste d’amour et d’hommage. L’humour discret,
les ellipses narratives et la sobriété du style contribuent à cette économie émotionnelle singulière, qui
permet d’évoquer la tendresse filiale sans jamais sombrer dans le pathos. Ce travail s’appuie sur les
cadres théoriques de Genette, Lejeune, Peirce et Barthes, et met en lumière une esthétique contemporaine de l’intime, où l’écriture devient le lieu d’un lien silencieux entre le souvenir et l’absence.