Résumé:
Notre mémoire se propose d’explorer la représentation du corps féminin dans le roman
Houris de Kamel DAOUD, à travers trois dimensions fondamentales ; le mythe d’éternité, la voix de vie et le symbole du tragique. L’étude montre comment le corps féminin dépasse sa simple dimension biologique pour devenir un espace de projection symbolique, de souffrance
collective et de résistance identitaire. Dans un contexte marqué par la guerre civile algérienne
et les violences patriarcales, le roman donne une voix aux femmes brisées, souvent réduites
au silence. Le personnage d’Aube incarne une mémoire blessée, où le corps devient archive
vivante de la douleur, mais aussi support d’une possible renaissance. A travers une approche à
la fois féministe et postcoloniale, cette recherche met en lumière la manière dont DAOUD
déconstruit les stéréotypes liés au féminin et interroge le place de la femme dans une société
crise. Ainsi, le corps féminin est présenté non seulement comme figure mythique idéalisée,
mais également comme un lieu de parole, de lutte et de transformation. L’écriture
romanesque devient alors un outil de réhabilitation de la mémoire féminine et une critique
subtile des rapports de pouvoir dans l’Algérie contemporaine.